A Montbrison, la justice accorde le permis de tuer ! - Dernière minute : le Parquet général fait appel !

DIVERS

29 juin 2005

Nous venons d’apprendre une bonne nouvelle.

En effet, le Parquet général a décidé de faire appel du jugement de
Montbrison concernant le gendarme qui a tué dans le dos le jeune
Aurélien Joux en mars 2003.

C’est un fait assez rare. Cela veut dire que le Parquet général
considère que le procès du 19 mai à Montbrison ne s’est vraiment pas passé dans les
conditions normales habituelles selon lesquelles la justice doit être
rendue.

Après le verdict désastreux, c’était la seule manière juridique possible
pour que le gendarme ait un réel nouveau procès. Par conséquent, il va
complètement être rejugé à la Cour d’Appel de Lyon, à une date encore
inconnue.

On peut d’ores et dèjà se féliciter, mais il faut continuer à se
mobiliser pour que la famille d’Aurélien Joux ait véritablement droit à un procès équitable.

27 juin 2005

Le verdict du gendarme Salesses qui avait exécuté le jeune Aurélien Joux dans le dos le 10 mars 2003 a été rendu le 16 juin au tribunal de Montbrison.

Rappel des conditions du procès dans cet article précédent de REBELLYON

Hélas, ce n’est pas une surprise, et le verdict fait état d’une protection de l’assassin d’Etat :

18 mois de prison avec sursis.

non inscription du « délit » au casier judiciaire. En d’autres termes, le gendarme ne sera pas radié par la gendarmerie, ni donc interdit de porter des armes.

- La question des dommages et intérêts sera évoquéee au mois d’octobre, le tribunal voulant interroger les différentes parties pour savoir s’il est compétent pour attribuer les
dommages et intérêts. S’il ne l’est pas, il faut aller devant la
juridiction administrative.

Alors que pour les dommages et intérêts, l’avocat de l’Etat avait déjà reconnu la responsabilité de l’Etat, d’accord pour le versement des dommages et intérêts, là , le magistrat décide de lui-même de promener encore un peu plus la famille en alourdissant la procédure.

Ce qui s’est passé ce jeudi 16 juin à Montbrison est un énième exemple du mépris bourgeois pour les victimes non méritantes :

- le gendarme n’était pas présent pour le verdict (la Loi ne l’obligeait pas).

- alors que les gens commençaient à arriver, vu le nombre d’affaires, et l’avocate de la famille, prise dans l’enfer de la circulation entre Lyon et Montbrison n’étant pas encore arrivée, on pensait attendre pour le prononcé du verdict ; il a été rendu d’emblée en moins de 30 secondes. Personne n’ayant bien compris ce qui avait été prononcé, il a fallu que l’oncle d’Aurélien aille demander des explications pour que le président du tribunal accepte de relire le verdict de façon un peu plus explicite.

Au vu de ce verdict particulièrement scandaleux, l’oncle d’Aurélien s’est un peu énervé : il y a deux semaines, un jeune a été condamné a 3 mois ferme pour outrages à agent. Alors, la justice, le tribunal, la démocratie en ont pris pour leurs grades. Le président s’est énervé et a demandé l’évacuation de la salle. Les personnes présentes se sont laissées évacuer dans le calme.

Il y avait des scolaires dans la salle d’audience. Espérons qu’ils
auront retenu la leçon.

Au même moment, un chasseur s’est vu prononcer une interdiction de porter le fusil pendant deux ans parce qu’il avait dépassé son quota de chasse. La justice désire-t-elle protéger d’avantage les animaux que les humains ?

Avec un verdict pareil, c’est un véritable permis de tuer qui est donné aux gendarmes, aux policiers, ...

Pourquoi a-t-on tout fait pour entraver le déroulement de ce procès du 16 mai, le laisser commencer à une heure si tardive et se terminer à près d’une heure du matin ? C’est véritablement indigne de le faire supporter à la famille d’Aurélien, déjà très éprouvée.

Pourquoi a-t-on tout fait pour que l’expert en balistique ne puisse pas intervenir au cours du procès ? C’était capital puisque cette expertise contrecarrait complètement les dépositions fantaisistes des gendarmes ...

Pourquoi a-t-on refusé de faire des tests d’alcoolémie sur les gendarmes ? Alors qu’il a été effectué sur le cadavre d’Aurélien Joux (il s’est avéré négatif d’ailleurs)

Pourquoi le gendarme qui a tiré a-t’il été le seul mis en examen ? Son supérieur hiérarchique, responsable d’une opération conduite d’une incohérence incroyable, n’est pas inculpé....

Pourquoi ce soir-là au sein de cette gendarmerie, les procédures n’ont-elles pas été effectuées dans les règles, et avec un minimum de réflexion ? Le PV de garde à vue n’est ni enregistré ni signé. Les droits de la personne gardée à vue ne sont pas signifiés. Pourquoi emporter des fusils à pompe alors qu’Aurélien est menotté et collaboratif ? Pourquoi s’occuper de faire enlever la camionnette en pleine nuit ?...

Pourquoi le gendarme Salesses avait-il préparé son fusil à pompe browning pour tirer, alors que la situation ne l’imposait pas ? En effet, il a dû au préalable enlever la sûreté, charger l’arme en actionnant la pompe, viser en maintenant l’arme dans la direction sinon le coup part en l’air, avant d’appuyer avec une pression très importante sur la détente. Comment pouvait-on dans ces conditions l’inculper seulement d’homicide involontaire ?

Si la famille fait appel, cela ne concernera que les dommages et intérêts, qui ne sont pas encore décidés... Pour que ce gendarme assassin soit rejugé, seul le parquet général peut faire appel. Et il a deux mois après le procès pour le faire.

Justice de classe

Peut-on parler d’autre chose que de justice de classe à Montbrison, quand immédiatement après le verdict du gendarme, c’est celui du patron de Feurs Métal qui a lui aussi été prononcé en catimini.

Rappel : le jour du procès du gendarme, celui ci a été précédé par le procès d’un accident du travail très grave, ou la victime, un ouvrier de maintenance a failli y laisser la vie et a subi des blessures très graves.

L’Inspection du travail avait relevé sur la machine 15 points de non conformité sur 19. Les plaidoiries de l’avocat du patron avaient duré plus de 1h30 et le temps passant, le tribunal avait interdit à l’expert en balistique de témoigner dans l’affaire d’Aurélien, alors même que l’expertise était essentielle pour une bonne compréhension des faits.

Jean Luc Gambiez et son ingénieur de maintenance sont purement et simplement relaxés. Même si Gambiez est un récidiviste. Il était sous le coup d’une condamnation à la prison avec sursis pour accident très grave où il y a eu des morts et une autre condamnation l’aurait conduit tout droit en prison.

COMMENTAIRES  

27/06/2005 20:40 par Phil

Exact, et vous verrez que le procès à venir de l’assassin des deux inspecteurs du travail que l’on connait sera symbolique.

10/02/2006 21:02 par croc magnon

QUI ETES-VOUS POUR INCITER AU NON RESPECT DES HOMMES QUI NOUS PROTEGENT ?

Michel, que ferez-vous le jour où plus personne ne voudra être gendarme ? Je suis simple citoyen et fier de pouvoir compter sur la justice et les forces de l’ordre françaises qui globalement font leur travail.

Pourquoi ne rappelez-vous pas les faits et que vous vous contentez de faire un "procès-verbiage-manipulateur" ? Vous savez employer les mots blessants et accusateurs. Vous semblez ne regarder que d’un côté ! La mort d’un homme est toujours quelque chose d’irréparable... je vous poserais qu’une autre question Monsieur le Journaliste.
Combien de Gendarmes ou de Policiers sont morts "assassinés" (par d’honnête citoyen d’après leurs familles) ?
Loin de moi l’idée de vouloir compter les points, mais s’il vous plait, n’écrivez plus ce genre de titre car aucun homme qui se respecte, ne souhaites, pour de bonnes raisons, avoir le permis de tuer !

PS : il faut savoir dénoncer les injustices sans pour autant inciter à la haine. Monsieur le Journaliste, faites votre métier correctement svp.

11/12/2006 14:48 par Val

La question n’est pas forcément de savoir combien de gendarmes ou policiers ont été assassinés (chose que je déplore), mais si leurs assassins ont été retrouvés et condamnés. Et je ne comprends pas bien pourquoi cet article ferait que plus personne ne voudrait être gendarme. Ce n’est pas parce qu’on est dépositaire de la loi qu’on peut pour autant en transgresser les règles. Les personnes accusées doivent être jugées équitablement. Si elles ne le sont pas, la population perdra confiance en "ceux qui nous protègent".
C’est comme si on jugeait pas un médecin sous prétexte qu’il soigne, etc, etc...Dans ce cas, on peut appliquer ça à tous les corps de métiers. il s’agit d’être vigilant quand quelqu’un porte une arme, quelle que soit cette personne. Et je ne trouve pas qu’expliquer le fonctionnement d’un fusil à pompe soit inutile. moi, je ne le connaissais pas.
Enfin...

04/01/2007 17:12 par grego

Effectivement l’article est fait "à charge" il est très facile après coup ! assis bien au chaud dans un bureau ! de critiquer les hommes en intervention... nous sommes dans un pays civilisé où les gens peuvent s’exprimer ...heureusement...mais une enquête doit être faite à charge et aussi chercher le pourquoi donc à décharge ...dans les gens qui représentent la loi (donc qui sont garant) de la liberté, il y a c’est vrai des personnes qui ne sont pas faites pour assumer ces responsabilités ....et là elles sont comme les autres citoyens, lorsqu’elles commettent une faute, elles doivent être sanctionnées ! mais employer des mots aussi dures laisse penser que les gendarmes sont tous "des pourris" et fait l’affaire des nombreux délinquants qui se croient autoriser à les insulter chaque jour ! les hommes sont ce qu’ils sont ...on cherche des "pourquoi" et à l’heure actuel il faut trouver un responsable pour tout et certaines personnes ne comprennent pas que l’accident peut arriver ! par maladresse, par peur ou incompétence...pour ma part je ne pense pas que les juges privilégient plus les forces de l’ordre que les autres citoyent !!!! et une dernière réflexion : lorsque vous allez travailler et que chaque jour on vous insulte ! vous connaissez beaucoup de gens qui arrivent à garder leur sang froid ???

(Commentaires désactivés)