Auteur Ahmed HALFAOUI

Turquie : l’imprévisible soulèvement

Ahmed HALFAOUI
Les Etats de l’Alliance atlantique, les Etats-Unis en tête, ne s’attendaient pas à ça. L’un des pivots de leur stratégie moyen-orientale et méditerranéenne est en train de traverser une crise dont ils ignorent l’issue. S’ils ont réagi en donneurs de leçons à l’égard du gouvernement Erdogan, c’est qu’ils ne pouvaient faire autrement. Il y a d’abord cette arrogance traditionnelle vis-à-vis des pays qui ne font pas partie du camp occidental, même membre de l’OTAN. Ensuite, il y a cette (…)

Afrique : 50 ans et la route est encore longue

Ahmed HALFAOUI
Beaucoup de choses se sont passées depuis ce 25 mai 1963. Des bonnes et des moins bonnes. Les colons, d’abord, sont partis et l’apartheid a été vaincu. Mais les guerres ethniques, les conflits de frontières, les génocides, sur fond de convoitises sur les richesses africaines, ont endeuillé le continent. L’occupation alaouite du Sahara occidental, sous protection de la France et des États-Unis, la partition du Soudan, la décomposition de la Somalie, la destruction atlantiste de la Libye, (…)

La CPI, cet acronyme bien à propos

Ahmed HALFAOUI
Son prédécesseur avait déjà signalé qu’« on a l’impression que la Cour pénale internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Ghaza, en Tchétchénie ? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette Cour ? » C’est une toute petite chose, eu égard à ce qui doit être fait et aux turpitudes africaines, mais c’est déjà ça. Le fait d’accuser (…)

Envoyés très spéciaux en Syrie

Ahmed HALFAOUI
Arte, très culturelle chaîne franco-allemande, 20h 30 GMT. Des invités de tout poil, même un journaliste algérien et une Franco-Syrienne, pour la couleur « arabe ». Au milieu, un photographe du journal le Monde au vocabulaire très utilitaire. C’est lui qui revient de Syrie. Un sujet ; les « armes chimiques » de l’armée syrienne. Des preuves, des photos d’hommes armés affublés de masques à gaz. Déroulement, trois tours de table qui répartissent équitablement la parole. Rendu, très difficile (…)

La fin des illusions

Ahmed HALFAOUI
Surtout après sa « victoire » sur le « communisme », représenté par le « bloc soviétique » et le pacte de Varsovie, le libéralisme sous ses nouveaux atours a travaillé à s’imposer à la planète en tant que seul système possible et unique alternative économique. Déjà renommé néolibéralisme, il symbolisait, à travers la toute puissance des États-Unis, le mode de gouvernance idéal. Bon gré, mal gré, la majeur partie des nations s’est soumise à ses règles. Sous la pression politique, les (…)

Le capitalisme recouvre sa normalité originelle

Ahmed HALFAOUI
En 2002 dans un discours, Georges W. Bush, le fils, apprend au monde que « les grandes luttes du XXe siècle entre la liberté et le totalitarisme se sont terminées par une victoire décisive des forces de la liberté et par la définition d’un modèle unique et durable pour assurer les succès nationaux : la liberté, la démocratie et la libre entreprise ». Il prédit également que la « paix » sera propagée « en encourageant la formation de sociétés libres et ouvertes sur tous les continents » (…)

La sémantique libyenne

Ahmed HALFAOUI
La sémantique qui a exprimé la situation en Libye n’a pas fini de mener à l’impasse cognitive. Au tout début, était cette « révolution » atypique que l’armada de l’OTAN faisait, quand les médias mettaient plutôt en scène des « révolutionnaires ». Lors de la « victoire » et de la chute de Tripoli, le même décorum est servi à l’opinion internationale. Le « nouveau pouvoir » à peine installé, les « révolutionnaires » sont passés de leur glorieux statut à celui de milices ou de groupes armés. (…)

Le devoir d’écriture

Ahmed HALFAOUI
Il y a tellement de choses qui ont été dites sur le 8 mai 1945 de Sétif, Kherrata, Guelma, livrées à la lâcheté criminelle de l’armée et des milices coloniales, celui des douars soumis au feu du ciel, quand d’autres feux, festifs ceux-là, illuminaient de leurs couleurs les nuits parisiennes et celles de toutes les villes et villages de France. Il y a tellement de choses qui ont été racontées sur les fusillades, sur les exécutions sommaires, sur les lynchages et sur les cadavres amoncelés (…)

« Ceux qui répriment la liberté »

Ahmed HALFAOUI
Les twitteristes, facebookistes, blogueurs et autres internautes des pays à « régimes dictatoriaux » seraient étonnés de savoir ce qui est arrivé à un jeune lycéen du Massachusetts, aux Etats-Unis. Cameron D’Ambrosion, âgé de 18 ans à peine, encourt une peine de prison de 20 ans. La caution a été fixée à 1 million de dollars. Le chef d’accusation : il a reproduit sur facebook les paroles d’un rappeur, des « menaces terroristes », selon la lecture qui en a été faite. Les paroles en (…)

Etat du monde : un scénario que rien ne dément

Ahmed HALFAOUI
Et si la Libye, l’Irak et des pays à venir devaient constituer le champ expérimental de privatisation de la violence en détruisant le monopole qu’en avaient les États ? En tout cas, cela en a tout l’air... La situation internationale donne l’impression que les stratèges de la reconquête des espaces perdus ont trouvé la solution qui leur économise une implication coûteuse en matériels et en hommes. De même qu’elle a l’avantage de ne rien laisser au hasard d’une reconfiguration du pouvoir (…)

Aminata Traoré : mesquinerie colonialiste

Ahmed HALFAOUI
Cette presse à l’affût, qui ne laisse rien passer de la moindre anicroche qui concerne, fussent-ils au fin fond de l’anonymat, certains « militants des droits de l’homme », n’a rien vu de ce qui a été infligé à Aminata Traoré. La raison en est qu’Aminata n’est pas labellisée par ces ONG attelées à « démocratiser » les Arabes, ceux qui leur ressemblent et tout ce qui est indigène. Elle a aussi et surtout le défaut de se battre pour des droits humains identifiables, qui ne figurent pas dans la (…)

L’humanité en voie d’être décérébrée

Ahmed HALFAOUI
Cité par Daniel Bensaïd, Honoré de Balzac, l’immense écrivain français mort il y a 163 ans, disait ceci en son temps déjà : « … le lecteur considère sa capacité de lecture abâtardie au journalisme comme parfaite. Il a acquis pour quelques sous le droit à la superficialité. » Il y avait, quand même à l’époque, des écrivains, des essayistes, des poètes, des libres penseurs qui, en grande majorité, portaient la contradiction et alimentaient l’intelligence humaine. Il n’y avait encore ni (…)