23 
Un parti qui peut éclater, se morceler, bref disparaître à terme rapproché.

38e Congrès (extraordinaire) du PCF , fin novembre 2018

Pour un communisme désirable qui tienne compte des marqueurs de notre identité, les intègre et les prolonge.

A quelques jours du Congrès du PCF, on ne peut affirmer que le climat y soit ni serein, ni par trop amical, ni enthousiaste.

Je me suis tenu (et me tiens) assez loin des grandes et petites manœuvres, des calculs boutiquiers ou carriéristes... Ceci dit , des débats sérieux et profonds, il y en a eu, nombreux. Les frustrations et les mécontentements internes ont cristallisé des fractures de fond. Le PCF ne dispose plus que de peu de cartouches à tirer pour révolutionner le vieux monde capitaliste, et notre parti, pour redevenir différent, audible, visible, attractif, désirable... Il ne peut rater son Congrès. Il reste au PCF un potentiel militant prêt à se retrousser les manches.

Cependant, j’ai senti que les erreurs et circonvolutions ont mis à mal l’unité du parti, qu’il peut éclater, se morceler, bref disparaître, à terme rapproché. Ce serait un terrible drame pour les salariés, les chômeurs, les femmes, les immigrés, les précaires, les intellectuels... Je ne peux imaginer la France des communards, des FTP, de la MOI... sans PCF.

Et puis, on a vite trouvé des boucs émissaires commodes, alors que l’essentiel des responsabilités de la crise de projet, de stratégie, de fonctionnement, de pratiques... nous échoit. Or, dans notre culture, il n’est pas facile de se remettre en cause, radicalement, de tirer par exemple les conclusions des votes des adhérents...

... Soyons sérieux, si nous voulons vraiment ce « rassemblement », un mot dont on use et abuse tant... surtout lorsque l’on est en panne de projet, soyons sérieux, Mélenchon n’est pas responsable des inondations, c’est le mauvais temps, purée. Et ce que l’on aurait dû faire, quelle que soit notre appréciation sur sa réaction aux perquisitions surprenantes par leur ampleur, leur violence, et les méthodes appliquées, c’est ne pas laisser Mélenchon seul sous le feu d’une répression aussi inédite qu’hypocrite. Je dis bien quelle que soit la position de la direction du PCF. Cela s’appelle la solidarité de classe. Elle n’exige ni ne suppose l’inconditionnalité.

Et puis, que dire de feu le Front de gauche... Nous avons eu peur de notre propre créature. Aucun changement de société ne sera possible, nous n’aurons de cesse de le répéter, sans un parti communiste de classe, ouvert, combattif, novateur, internationaliste... Mais pourquoi cette difficulté à marier la nécessité d’un parti puissant et la stratégie unitaire sur des bases de « rupture » ? Ou à poser cette question seulement en termes réducteurs d’appareil, de sommet ?

Et par ailleurs, pourquoi ces entorses à la démocratie ? C’est par « Le Figaro » que nous avons appris, il y a trois jours, que la « commission des candidatures » aurait rejeté la proposition de Pierre Laurent comme secrétaire national. Cela fait deux fois que la direction actuelle patine (du jamais vu !) : mise en minorité, par le vote des adhérents, du texte proposé par la direction nationale (38%, contre 42% pour le texte alternatif : « Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle », devenu logiquement LE texte de travail pour toutes et tous, « la nouvelle base commune »), et rejet récent par la « commission des candidatures » (26 voix contre 24) de Pierre Laurent comme secrétaire national. « L’Huma » du 09-10-11/11/2018 confirme, en bas de page ; on peut y lire : « Une majorité des intervenants a exprimé l’idée qu’une liste commune ne pourrait se concevoir avec Pierre Laurent proposé comme secrétaire national ». Marie-Pierre Vieu considère que : « Ce qui s’est passé est indigne, parce qu’on ne va pas régler à 50 personnes, par la petite porte, des questions de direction qui appartiennent à tous les communistes ». Bref, ça pègue dur. Lors du Conseil national de la mi-octobre, le député du Nord, Fabien Roussel, s’était déclaré « en disponibilité » pour le mandat de secrétaire national.

Le Congrès se doit de prendre en compte les exigences de changement majoritaires au sein du PCF. Pierre Laurent estime qu’il n’est pas trop tard pour trouver une solution collective. La « commission des candidatures » se réunira à nouveau le 20 novembre, pour examiner des propositions de candidatures « montant » des fédérations, avec la volonté de construire une liste, et trouver un(e) tête de liste qui fassent consensus.

La crise du parti bouleverse les schémas habituels. Mais le problème reste un problème de fond : quel projet, quelle stratégie pour un PCF révolutionnaire d’aujourd’hui, qui veut dépasser le capitalisme, et s’engager dans un processus vers une société nouvelle ? Un communisme du XXIe siècle.

Jean Ortiz

COMMENTAIRES  

10/11/2018 22:45 par leon

Tu n’a pas bien lu le document du congrès, la perte d’influence n’est pas du a Mélenchon mais a la l’effacement du PCF . Quant à la personne de Mélenchon il a montré son vrai visage, au vu des événements, la perquisition qu’il a subit me parait plus qu’excessive, mais sa réaction d’une violence verbale et outrancière me fon voir les limites de cet homme, c’est un dirigeant de premier plan et que se pique d’être un stratège , il a fait le spectacle et de l’audimat sur les chaînes d’info c’est lui même qui c’est mis une balle dans le pied. ses propres amis avaient sorti les rames pour le défendre,

10/11/2018 23:20 par legrandsoir

sa réaction d’une violence verbale et outrancière

Pas mal !

10/11/2018 23:52 par Georges SPORRI

En 2015 - 2017, le PCF aurait pu facilement s’affirmer sans prendre de risques : faire un avant projet de 6ème république, expliquer à la population que les élections législatives sont en réalité plus importante que l’élection présidentielle + se démarquer de la FI en détruisant discrètement certaines inepties ( règle verte ...etc. ). Ils ont choisi de rester dans un certain flou artistique, de se tortiller dans tous les sens, de ne pas fusiller symboliquement Hue et Braouzec, de ne pas choquer en appelant à l’abstention et à se venger aux législatives ...etc. C’est peut être du génie stratégique : rester tout petit et sans vraie influence et laisser les activistes subir la répression... ?

11/11/2018 07:57 par dan

Pour renouer avec un PCF fort pour la société française et les travailleurs, j’ai quelques idées sur le programme :
- reprendre haut et fort la vieille revendication de la sortie de l’Otan pour débarrasser la France de la tutelle militaire étasunienne
- reprendre haut et fort la critique de la construction européenne ultralibérale et destructrice de nos acquis sociaux fondamentaux, proposer la rupture avec l’oligarchie euro-atlantiste par la sortie de la France de l’UE, décidément irréformable et expliquer par la même occasion aux travailleurs d’où viennent les délocalisations et la destruction de notre tissu industriel
- reprendre haut et fort la critique de la monnaie unique, comme le font à présent beaucoup d’économistes, y compris en Allemagne, et expliquer aux travailleurs que cette monnaie plombe depuis 20 ans notre économie car elle ne profite qu’aux économies du nord de l’Europe, et à l’Allemagne en particulier.
C’est juste quelques idées pour que le PCF retrouve son identité forte au service de la classe ouvrière et qu’il arrête de s’aligner sur l’idéologie des "bobos", car faire du sociétal c’est bien mais ça ne saurait remplacer le social qui doit être au cœur d’un programme de transformation de la société. Et ce programme de transformation ne peut se réaliser qu’en retrouvant notre liberté de décision confisquée par notre appartenance à l’UE. Ne l’oublions pas : 80% du travail des parlementaires consiste à transposer les directives européennes et droit français ! C’est à dire que ce sont des gens non élus qui décident depuis des années des lois que doivent appliquer les français.

11/11/2018 08:39 par Bruno

La règle verte, une ineptie ?
Pfff !
Je ne commente pas...fatigué.
Les nucléocrates ne changeront donc jamais même après Tchernobyl et Fukushima...

11/11/2018 10:46 par legrandsoir

Tchernobyl et Fukushima...

et Three Mile Island...

11/11/2018 10:23 par HUGO

Jean, mon camarade

Oui ! Aucun changement de société ne sera possible, nous n’aurons de cesse de le répéter, sans un parti communiste de classe, ouvert, combatif, novateur, internationaliste...

Ceci dit les véritables communistes ne peuvent pas compatir avec P. Laurent, dont le projet de base commune vient d’être battu à l’occasion du vote interne organisé récemment. En effet, c’est un « mutant » achevé, qui n’a cessé de dénigrer Lénine et le marxisme-léninisme, de s’accrocher aux basques du Parti Socialiste et de défendre à cor et à cri l’euro et la funeste « construction » européenne dans le cadre du Parti de la Gauche Européenne dont il est le vice-président supranational.

Personnellement, je suis inquiet du fait que le texte présenté par la section de Paris-XV, qui à défaut d’être clair et juste sur plusieurs question, s’est réclamé du marxisme et du léninisme, n’ait obtenu qu’un faible score de 7%. Même si le « vote utile » en faveur du texte « Chassaigne » a dû jouer en la défaveur du texte de Paris XV, cela montre la réalité des rapports de forces idéologiques au sein du PCF après 40 années de dérives droitières et « eurocommunistes ». Faut-il rappeler que la mutation social-démocrate n’a pas commencé au congrès de Martigues de l’an 2000, comme certains en colportent le bruit, mais pour le moins aux 22 et 23èmes congrès de 1976 et de 1979 où les statuts ont été purgés de toute référence à la dictature du prolétariat, au marxisme-léninisme et à l’internationalisme prolétarien…
Il faut dire ici que le texte entrainé par André Chassaigne est soutenu à la fois par la commission économique du PCF (dirigée par un Dimicoli que ne renierais pas le PS), dont la contribution délétère à la « mutation » ne s’est jamais démentie, mais aussi par nos camarades du réseau « FVR le PCF » qui se réfèrent d’ordinaire au marxisme et qui ont signer en 2015 un appel à sortir la France de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, ce qui n’est pas rien ! Le moins qu’on puisse dire est que le « manifeste pour un PC du XXI ème siècle » n’est clair que sur une chose : la nécessité de présenter des candidatures PCF à toutes les élections, y compris donc aux futures européennes, l’opposition frontale à Mélenchon et à la France insoumise tenant lieu d’ « identité communiste ». Sur le fondamental, le texte n’a hélas aucune clarté sur le léninisme, sur l’UE (le texte voudrait réorienter la BCE dans un sens social !!!!), sur les nationalisations, sur l’indépendance nationale et même sur la question stratégique de la révolution socialiste, qui n’est pas du tout évoquée !
Sans doute, cher Jean, nos camarades de FVR le PCF espèrent-ils sincèrement que la chute possible de Pierre Laurent, son éventuel remplacement par Fabien Roussel, va sans doute permettre un grand remue-ménage qui leur permettra de prendre le dessus à l’occasion de ce qui n’est encore pour l’instant qu’un affrontement feutré entre lignes européistes et réformistes extrêmement voisines. Disons que pour l’instant j’en doute fortement vu que les chefs de file des deux textes les plus importants vont tenter de fusionner, ce qui ne peut que tirer encore plus à droite le texte du « manifeste ». De mon point de vue, les communistes que nous sommes doivent rester vigilants sur les points décisifs suivants :
Oui ou non, le PCF va-t-il enfin se prononcer pour une rupture totale avec l’UE, l’EURO, l’OTAN dans la perspective du socialisme pour notre pays. Et conséquemment, va-t-il enfin claquer la porte du PGE, ce parti européen indécent qui compte dans sa direction un liquidateur patenté de la RDA (Gysi) et un destructeur du droit de grève en Grèce (Tsipras) ?

Oui ou non une autocritique en règle de la « mutation » catastrophique va-t-elle être engagée et va-t-on enfin faire droit à ceux qui ont subi mille affronts dans le PCF pour avoir crié casse-cou à temps ?

Oui ou non, le PCF va-t-il appeler à construire le tous ensemble en même temps en désavouant le « dialogue social » délétère pratiqué par l’ensemble des confédérations malgré l’opposition des bases combatives de la CGT ?

Oui ou non le PCF va-t-il continuer de se mettre en enfilade aux européennes derrière Brossat, la tête de liste désignée qui est le faire-valoir parisien d’Anne Hidalgo à la mairie bourgeois-bohème et social-libérale de Paris au lieu de mener une bataille de clarification sur la signification 100% négative de la « construction européenne » ?

Oui ou non, le PCF va-t-il dire clairement, non pas seulement ses critiques à l’égard de Mélenchon (qui jusqu’ici, malgré ses évolutions récentes contestables, reste à GAUCHE du PCF sur nombre de questions), mais s’engager radicalement, y compris aux législatives et aux sénatoriales, à ne plus s’allier sous prétexte d’une introuvable « Europe sociale », à une alliance électorale sans principe avec ce Parti Socialiste classé définitivement à droite en ce qui me concerne.

11/11/2018 11:11 par babelouest

Et pour compléter le rectificatif du GS, il y eut aussi en 1957 la catastrophe de Kychtym au complexe Maïak, échelle 6 tout de même ! Mais on l’a su bien plus tard. Il faut dire que Tchéliabinsk et ses environs, nous autres Européens ne connaissons pas tellement.

11/11/2018 11:18 par Georges SPORRI

@Bruno // L’écologisme qui consiste à interdire les pailles en plastique dans les navires de croisière qui polluent comme 20 millions de bagnoles est très amusant, très mignon et tout à fait légitime ... Ceux qui pouffent de rire sont forcément des "nucléocrates" !
@ Tous les autres // Je vous garantis que la "règle verte" n’est plus pratiquée depuis le néolithique et ne le sera jamais. Le commandant Cousteau réclamait une réduction de la population mondiale à 500 millions d’habitants parce qu’il prenait au sérieux cet objectif et les marxistes de l’époque se foutaient de sa gueule ... Mais nous sommes devenus crédules et sensibles aux superstitions de la petite bourgeoisie décomposée !

11/11/2018 11:32 par legrandsoir

Vous ne pouvez pas faire et refaire (à peu près) les mêmes commentaires sous tous les articles... Vous êtes à deux doigts du bannissement.

11/11/2018 11:58 par Assimbonanga

Certaines pages de l’histoire présente passent inaperçues. Ici une vidéo de 2017. Ils sont où les jeunes ? Là ! Ils se soucient sans doute comme d’une guigne de nous autres vieux schnoks observateurs du passé... https://www.youtube.com/watch?v=u23hqajNbBo

11/11/2018 12:18 par Georges SPORRI

Là je ne faisais que répondre à la réponse putassière reçue ! Ma première intervention était tout à fait dans le sujet ... Glucksman est entrain de préparer une gauche plurielle Hamon - Jadot - PS avec laquelle les droitiers du PCF souhaitent rester compatibles et je trouve ça triste !

11/11/2018 18:24 par eris

@ Dan
Oui,oui c’est ça,le PCF va nous revenir tout ripoliné avec un vrai discours révolutionnaire ; je remet en cause non pas les militants qui sont sur le terrain et font sûrement remonter des informations cohérentes qui,devraient mettre en branle des actions et orienter le discours politique de la direction ; or ce n’est pas le cas,je ne sait même pas si cela était.
En fait ce parti a continué à fonctionner parce que les militants le soutienne (l’ont soutenu) à force de convictions mais face aux actes d’une petite bureaucratie,se croyant au dessus de toutes concertations,les genres Hue...etc Laurent dans le même sac,ignorant les appels des militants,faisant preuve d’un cynisme jusque là attribué à la droite,se retrouve dans le cas identique du PS,vous comprenez ? si vous n’écoutez pas les gens d’autant plus celles et ceux qui sont conscient,engagés et bien vous obtenez le phénomène dit de "dégagisme" ; les militants s’en vont mais ils emportent avec eux l’idée profonde et ancrée en eux du communisme par conséquent cela n’est pas mort c’est ce parti qui devait montrer et défendre le communisme dans ses plus fortes valeurs qui est à l’état de moribond.

Désolé ce parti continue à tergiverser alors que la FI est dans l’action ;je suggère donc de se consacrer à cela,c’est à dire de pouvoir être entendu et de s’entendre autour d’une démarche programmatique qui n’admettras pas les compromissions ou autre petits arrangements et je pense que tous les communistes de ce pays peuvent se consacrer à ça

12/11/2018 10:38 par Ellilou

à Léon
"... mais sa réaction d’une violence verbale et outrancière..." Que dire ? Quand les mots me manquent j’en appelle aux grandes femmes et aux grands hommes et je laisserai donc Berthold Brecht parler" On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent."

12/11/2018 19:50 par irae

Fidèle à lui-même, drapé dans sa perfection mais un poil radoteur(1), martelli livre sur regards l’une de ses multiples attaques à l’encontre de JLM. On ne les compte plus. Roro se trompe tristement de cible. Ce n’est pas la FI qui coule le pcf mais ses dirigeants et je le déplore pour ses adhérents.On l’attendrait plus incisif à l’égard de ce gouvernement ultra-libéral, il est trop occupé à pourfendre à sa gauche.
Pour le contre feu gluksmann et consorts les bobos-révolutionnaires-csp+ on voit déjà ici et là frétiller la classe parisiano-merdiatique en quête de ses futurs bendit-goupil rouge dehors bleu-hermine-dorures à l’intérieur.
(1) Oui, je sais moi, aussi j’ai ma cible favorite mais avec tout le mal qu’elle fait à l’ensemble des citoyens (sauf les 300 000 ultra riches) comme à l’environnement depuis son entrée au ministère elle le vaut bien.

12/11/2018 21:52 par irae

Soirée anti Melenchon sur le merdia d’un milliardaire C8. Les micros coulent à flots de bave de crapaud continus. Tous les clichés éculés y passent, ses ennemis idiots utiles du système habituels y sont la chabot à ses maîtres libéraux, le lèche semelles alemagna, les chochottes de la dernière heure, révolutionnaires en dentelles et perruque poudrée "ma chèèère s’opposer à une action de police politique ! Tellement choquant" En voilà sur le courage desquels il aurait été vain de compter, les voilà démasqué les suppôts du système. Enfin, les revenchards à qui aucun strapontin européen n’a pas été proposé, enfin le revenchard.
Il y manque plus que la cerise martelli sur le gâteau.

13/11/2018 04:33 par alain harrison

Bonjour.

Bon, pendant que la gauche française se tire dans les pattes, ailleurs, il y a de nouveaux joueurs qui vont faire la différence, n’ayant crainte des fureurs des Trump de ce monde ( à l’encontre des Trudeau de ce monde).
http://bolivarinfos.over-blog.com/2018/11/venezuela-andres-manuel-lopez-obrador-ne-cede-pas-aux-pressions-et-invite-nicolas-maduro-a-son-investiture.html

13/11/2018 12:20 par Autrement

Je me risque à donner mon avis.
Beaucoup de communistes, oui, de plus en plus de communistes, oui, mais au service de la population et non du "Parti".
C’était déjà des questions (la "forme parti") dont on discutait entre camarades dans les années 1985-90.
Je ne crois ni possible ni souhaitable que se reconstitue un "grand parti communiste d’avant-garde" sur le modèle ancien : ce modèle a prouvé qu’il tournait nécessairement à la bureaucratie, à la hiérarchie, à l’intégration dans le système du pouvoir (électoralisme partisan) et à l’échec.
Un nouveau parti communiste, oui, peut-être, mais agissant d’abord comme un intellectuel-prolo collectif, et dont les militants sur le terrain se consacreraient à la lutte des classes, non en l’imposant de l’extérieur, mais au sein de ce que fait et vit la population elle-même : c’est-à-dire dans ce que le mouvement de la FI appelle justement des "groupes d’action", à l’échelon local, dans lesquels les citoyens, affiliés ou non à une organisation, sont dans un rapport d’égal à égal, et discutent et décident par eux-mêmes, et non pour appliquer une "ligne".
Idem à l’échelon national, en développant des "pratiques communistes", de façon que les responsabilités politiques dans la lutte et dans les élections privilégient les simples citoyens, les luttes associatives, les mouvements de masse, et non les membres d’un "parti".
En vue de la prise du pouvoir et une fois au pouvoir, respecter et exercer la souveraineté populaire.
Des pratiques proches de l’exemple cubain, en somme, sur lequel il faut de nouveu réfléchir...
Voir "Fidel et ce qu’il représente", de JF Bonaldi, ICI.
Extraits :

La « chose publique » à Cuba n’étant pas une profession ou une carrière, mais un service aux citoyens, la Constitution stipule à son article 82 que les députés ne sont pas (grassement) payés à ce titre : « La condition de député n’implique pas de privilèges personnels ni d’avantages économiques. Durant l’exercice effectif de leurs fonctions, les députés touchent le même salaire et maintiennent leurs liens avec leur centre de travail à tous effets pertinents », l’article 85 signalant par ailleurs que « les députés peuvent être révoqués à tout moment, dans la forme, pour les motifs et selon les procédés fixés par la loi ». Il faut avoir plus de dix-huit ans pour être élu député. Bref, la députation à Cuba n’est pas l’occasion rêvée d’arrondir ses fins de mois et, par exemple, d’exercer des influences auprès de transnationales ou d’entreprises pour y obtenir une fois son mandat conclu des postes de direction…

Et encore :

Non, à Cuba, le procédé est (bien plus) simple. Les voisins d’une circonscription se réunissent en assemblées ouvertes (aux dernières élections de 2015, il existait 46 344 secteurs de nomination) où chacun peut proposer le candidat de son choix parmi les gens du voisinage, expliquant pour quelles raisons il fait cette proposition, généralement à cause du prestige dont l’individu jouit dans le quartier et de ses mérites ; si la personne ainsi postulée l’accepte et l’assemblée aussi, il devient candidat ; chaque circonscription doit avoir au moins deux candidats et au plus huit. Compte tenu de ce genre de nomination, il n’est pas obligatoire d’être du parti (lequel n’intervient pas dans ces assemblées de nomination) pour être nommé puis investi par ses concitoyens, de sorte que, si les dissidents, par exemple, avaient vraiment du prestige auprès de leurs concitoyens, ils pourraient être investis par eux comme candidats aux différentes assemblées et élus par les électeurs. Une fois investi, le candidat ne mène aucune campagne électorale : les électeurs se décideront, d’une part, sur leur propre connaissance éventuelle du candidat, d’autre part sur la foi de sa « feuille de vie » affichée aux endroits publics. Par ailleurs, l’inscription sur les listes électorales est gratuite et automatique à partir de seize ans, et les membres des forces armées ont le droit d’élire et d’être élus. Contrairement à de nombreux pays latino-américains, le vote n’est pas obligatoire, ce qui n’empêche que plus de 95 p. 100 des électeurs ont participé à chaque élection depuis 1976,

Les députés à l’Assemblée nationale sont constitués moitié moitié de candidats nommés à la base et de candidats présentés par les différentes organisations politiques et organisations de masse, afin que tous les secteurs de la société y soient représentés, puis élus au suffrage direct et secret.
Les délégués et députés n’étant pas désignés par le Parti communiste, celui-ci n’a donc aucune influence directe sur les élections, ni ne peut recourir à des menaces ou représailles sur les candidats, comme l’a fait par exemple début juillet la direction du Parti socialiste français qui a averti que les signataires d’une motion de censure votée à la suite de l’adoption par le gouvernement de l’article 43.9 pour faire passer en force la Loi du travail seraient exclus du parti et ne pourraient donc pas obtenir leur investiture pour les élections législatives de 2017, ce qui explique, entre autres, pourquoi cette motion de censure n’a même pas été votée… On les comprend, les pauvres, ils y perdraient leur gagne-pain, leurs grasses indemnités non imposables !
Bref, les choses à Cuba sont différentes et juger ce système à partir des conceptions d’une République bourgeoise serait faire fausse route. À son article premier, la Constitution précise : « Cuba est un État socialiste de travailleurs, indépendant et souverain, organisé avec tous et pour le bien de tous [idée de Martí], en tant que République unitaire et démocratique, pour la jouissance de la liberté politique, de la justice sociale, du bien-être individuel et collectif et de la solidarité humaine ».

13/11/2018 12:28 par Buffaud

Juste pour rappeler à certains amnésiques ce qui sonna le glas de ce formidable outil unitaire que fut le front de gauche : les accords passés par le PCF au premier tour des dernières municipales avec les libéraux du PS dans plus de la moitié des grandes villes de France plus la capitale, utilisant le logo du FdG sans vergogne (jusque sur les tracts du PS) sans consultation ni autorisation des autres partis le composant.

14/11/2018 15:00 par cunégonde godot

@A Hugo :

Aux (bonnes) questions que vous posez, le PCF a déjà répondu : "non".

Mais l’espoir fait vivre, dit-on...

Quand la gauche (toute la gauche) aura cessé de se vouloir "progressiste" et se voir si belle en son miroir, elle (re)deviendra nationale. Et elle recommencera à attirer le peuple. Quand elle osera le populisme, elle redeviendra populaire...

Et aura répondu "oui" à toutes vos questions...

15/11/2018 10:19 par Assimbonanga

Merci à Iraë pour ses impressions sur l’émission de C8. J’avais un peu pressenti que c’était mauvais pour ma santé, en particulier pour mes sécrétions biliaires, de m’infliger de regarder ce reportage. Me voilà confirmée dans mon impression ! On ne pouvait rien attendre d’autre de la part de c8 !
A la place, les gens honnêtes, qui aiment la vérité et l’honnêteté, peuvent regarder plutôt ceci. C’est plus factuel. Ça date de mars 2018, mais les données restent identiques. L’épisode des perquisitions ne changent rien au fond du sujet.
https://www.youtube.com/watch?v=YuroXsfPJd8

15/11/2018 16:55 par leon

Juste pour rappeler à certains amnésiques ce qui sonna le glas de ce formidable outil unitaire que fut le front de gauche : les accords passés par le PCF au premier tour des dernières municipales avec les libéraux du PS dans plus de la moitié des grandes villes de France plus la capitale, utilisant le logo du FdG sans vergogne (jusque sur les tracts du PS) sans consultation ni autorisation des autres partis le composant.
En 2012 après avoir bénéficier des moyens financiers et logistiques du PCF, en se faisant connaitre et en jouant a fond le présidentialisme et une direction du PCF sans stratégie, il a pris comme prétexte un scrutin local pour engager un processus de rupture, c’est simple et limpide pourquoi aller chercher des prétextes, 2 ans après il passe des accords aux régionales avec EELV qui ont participé au gouvernement et a la majorité parlementaire. Cherché la logique

16/11/2018 11:11 par AUBERT

Je veux dire merci au camarade jean, qui par cet article, nous fait réfléchir. Je partage entièrement le fond et j’aurais les mêmes mots, qui montrent l’attachement sentimental qui nous lient. Cependant pour moi c’est fini. Le P.C.F a touché l’Iceberg depuis longtemps déjà. Le communisme peut exister sans le P.C.F tel qu’il est aujourd’hui. D’ailleurs, ce n’est pas le siège du P.C.F qui a été perquisitionné par la police anti criminalité...Quand je pense que nous étions plus de 600.000 adhérents quand j’étais jeune. Je lis tous les jours l’huma mais je ne lis pratiquement plus les pages qui concernent le P.C.F, tellement ça me fait mal. Du passé faisons "table rase", le communisme est l’avenir du monde, car sans partage et sans mise en commun, "homo sapiens", réchauffement climatique oblige, court à sa propre destruction. "Chacun pour soi ou tous ensemble" dit souvent JLM
De plus, je pense, au vu du silence de la sociale démocratie rampante, suite à ce qu’il a subi du système, JLM, s’il avait encore des illusions de trouver une voie médiane, ne doit plus du tout en avoir, ce qui devrait le tendre à regarder et écouter encore plus "les communistes insoumis" qu’avant. Après le congrès d’autres forces rejoindront aussi l’insoumission, racine carré du communisme.

(Commentaires désactivés)