Voici une vidéo où Clémentine Autain est interrogée, encore et encore, sur ce qu’elle ferait, qui elle soutiendrait, si Mélenchon, si primaire, si l’été, si après l’été… Et sa réponse, répétée sous toutes les coutures ?
« Je n’exclus rien. »
« On verra. »
« Chaque chose en son temps. »
« Je chercherai avec mes camarades. »
Elle dit que les Français sont saturés du cirque politique. Elle a raison. Sauf qu’elle est en train d’en jouer un des numéros le plus consternant : celle de la candidate qui ne dit pas si elle est candidate, qui ne dit pas pour qui, qui ne dit pas contre qui, qui ne dit pas quoi.
Interrogée sur un ralliement à Mélenchon ? « Je n’exclus rien. »
Sur une candidature hors primaire ? « Non, mais on verra. »
Sur le PS qui traîne ? « Qu’ils se débrouillent. »
On appelle ça comment, à votre avis ? Ça s’appelle du flou. De l’incertitude. De l’attentisme calibré pour ne fâcher personne, mais pour ne convaincre personne non plus. Et pendant ce temps-là, je rappelle un truc sur le PS. Sous Hollande, le PS au pouvoir n’a pas fait une politique de gauche. Aujourd’hui, ses dirigeants remettent en selle les mêmes qui ont appliqué la casse sociale. Donc non, le PS, sa direction, son logiciel, ça n’est plus la gauche.
Attention : ça ne veut pas dire que ses électeurs ne le sont pas. Beaucoup, à la base, croient encore à la justice sociale, à l’éducation, à la santé publique. Eux, ils méritent le respect. Mais justement, c’est pour eux qu’il faudrait être clair. Or, Autain passe son temps à marchander avec cette direction qui n’est plus à gauche. À attendre qu’elle daigne « choisir son camp ». À ne rien exclure, y compris un ralliement à Mélenchon – mais sans jamais le dire franchement non plus.
Elle se fourvoie, oui. Parce qu’on ne fait pas l’union avec un appareil qui a viré au centre droit. On ne fait pas patienter indéfiniment des électeurs de gauche sincères en leur servant du « on verra après l’été ». On ne peut pas, en même temps, dénoncer le cirque… et rester plantée sur le fil, à faire l’équilibriste, à dire oui-non-ptêtre-ou-alors.
La seule chose qu’on retient de cette intervention, au final, c’est qu’Autain ne sait pas, ne dit pas, ne tranche pas. Le flou, à force, ça finit par ressembler à du vide. Et les électeurs de gauche, ceux qui attendent autre chose qu’un cirque, méritent mieux que des « on verra ».